Kamilya Jubran - Wameedd (Unit Records Switzerland, 2005)L'histoire de Kamilya Jubran est indissociable de celle du peuple palestinien ; même si elle souhaite aujourd'hui qu'on lui parle beaucoup plus de sa musique et le côté artistique de sa démarche personnelle. Née dans le village de Aakka, situé au Nord de l'Al-Jaleel, elle a baigné dès son jeune âge dans la musique. Fille d'un fabricant d'instruments traditionnels et enseignant de musique, Kamilya a commencé par interpréter le répertoire arabe classique égyptien. Après une vingtaine d'années de collaboration au sein de la formation palestinienne " Sabreen ", elle s'est dirigée vers un registre musical différent. Aujourd'hui, elle nous propose une fusion des chants traditionnels avec une sonorité plus contemporaine. Une performance que nous pouvons apprécier dans son album "Wameedd", réalisé en collaboration avec le Suisse Werner Hassler.

Monkomarok - Végétale (Jerkov Musique / Enja Records / Mosaic Music, 2005)Les Monkomarok sont originaires de Toulouse. Les membres de cette formation ont trouvé leur nom suite à un voyage imaginaire de Thelonious Monk sur des sentiers du monde arabe, et tout particulièrement au Maroc. Toutes leurs compositions sont basées sur ce voyage et nous donnent ainsi une musique métissée, mariant le jazz avec toutes les sonorités du monde. Parti d'un trio, le groupe s'est enrichi au fil des années et au gré des rencontres que ses membres ont effectué à l'occasion de leurs nombreux voyages en Afrique et en Orient. Rencontre avec Alima Hamel et Sylvain Fournier qui, dans cette première partie de l'entretien, reviennent sur le parcours artistique de Monkomarok.

Nathalie Natiembé - Sankèr (Marabi / Harmonia Mundi, 2005)Originaire de l'île de La Réunion, Nathalie Natiembé revisite le genre traditionnel Maloya et propose une sonorité beaucoup plus contemporaine. Le mot maloya viendrait du malgache ("maloy aho") qui peut se traduire par "parler ou dire ce que l'on a à dire". Longtemps considérée comme une musique rebelle, le maloya est avant tout un chant de complainte, chanté à l'origine par les esclaves qui se plaignent des mauvais traitements qu'ils ont subit. En 1981, après la reconnaissance officielle de la fête du 20 décembre, chanter le Maloya n'est plus interdit. Du coup, les Réunionnais ont pu redécouvrir les services kabare et autres cérémonies ancestrales de leurs cultures. Malheureusement, les femmes comme Nathalie Natiembé commencent à peine aujourd'hui à faire entendre leur voix. Dans cette première partie du magazine, elle nous évoque ses retours aux sources du Maloya et ses collaborations pour réaliser son album "Sankèr".

I Muvrini - Alma (Capitol / Emi, 2005)"On sait que les chansons ne changeront pas le monde, mais quelquefois, elles changent le regard des uns sur les autres et sur le monde". De cette phrase de Jean-François Bernardini, leader de la formation corse I Muvrini, d'emblée on cerne toute la philosophie qui jalonne le parcours des frères Bernardini. De ce point du monde, où ils puisent toute la richesse et l'énergie de leur âme musicale, ils nous proposent des chansons et des textes largement universels. Dans cette première partie de notre rencontre avec Jean-François Bernardini, nous allons revenir sur leur parcours et la construction musicale. Mais pour commencer, il nous explique d'où vient le nom du groupe.